( C’bien parce qu’on me les a demandées. J’avais écrit ces machins sur un coin de table, au boulot – deux boulots différents, en fait. Il y a pas mal de temps. Je m’en rappelle encore avec tendresse, parce que… pour les deux charges, je me suis vraiment sentie inspirée. Je les ai composées en moins de 10 minutes avec, tout du long, un sentiment d’évidence. C’était une expérience mystique, valable pour moi seule, et c’était précieux. Désolée, j’ai mis le temps pour poster, car j’avais z’oublié
)
Charge de la Déesse.
Je suis celle qui s’élève et qui vogue à son gré.
Je suis celle qui vit, à qui le rire agrée.
Dans le gréement du ciel je tisse mes appels
Vaste comme l’océan, suave comme le miel.
Au bout du désir de l’homme je suis
Au bout du désir de la femme je suis
Je suis celle qui Est, et sans nulle équivoque.
Je suis la Tisserande des rêves, et j’évoque
Dans les esprits mortels l’idée de l’infini.
Je suis la Non-Bénie, la trois fois Souveraine.
Je vis dans les hauts-cieux, et je suis souterraine.
Les contraires en moi s’unissent. Je marie les couleurs.
Je suis les grands plaisirs et les grandes douleurs.
Mort et Beauté sont deux fleurs à ma tempe ;
Deux flèches à mon carquois.
J’ai parlé aux poètes et les ai inspirés.
J’ai tué Actéon pour m’avoir contemplée.
Ne cherchez pas de sens à cela, en vérité ;
Car qui me peut comprendre n’est pas encore né.
Charge du Dieu.
Je suis celui qui sait, mais se tait.
Je suis celui qui meurt et renaît.
Au sombre royaume comme au creux des fourrés,
J’apparais à celui qui sait m’invoquer.
Je suis l’amour dans le coeur de la femme.
Je suis l’amour dans le coeur de l’homme.
Je suis celui qui n’est point lui-même ;
Je suis celui pour qui sont les louanges et l’anathème
Et qui souvent dérobe aux mortels ses regards.
Je suis le Grand Cornu, Roi et frère de Roi
Je suis l’amant béni, et le Seigneur aux Bois
Le jour et la nuit sont en moi
Et tous les âges de l’homme
Je suis les aubes et les crépuscules
Tous ces moments où vos existences basculent
M’appartiennent, et je suis le Seigneur de la Danse.
La sagesse des fous et des faunes est mienne,
Dans mon joyeux cortège j’ai les nymphes amènes
Et les belles Bacchantes, ivres de volupté.
Entre naître et mourir, j’ai le pouvoir d’Aimer.










